Installation visuelle et sonore pour le huitième centenaire de la mort de saint François d’Assise (1226–2026)
Huit cents ans après la mort de François d’Assise, l’Institut Italien de Culture de Beyrouth imagine une œuvre qui ne se limite pas à commémorer, mais devient expérience : un chemin de lumière, de son et de matière à traverser en silence. Lumière et Poussière est une installation itinérante conçue pour s’adapter aux lieux anciens du Liban, tels qu’un caravansérail, un cloître, une ruine antique ou, plus généralement, des espaces où la pierre parle encore et où le temps respire.
Installée dans le magnifique jardin du Musée de la Soie de Bsous, l’installation transforme le visiteur de spectateur en acteur : elle l’invite à marcher, à se faire voyageur intérieur le long d’un parcours marqué par la poussière et la terre, par des voiles suspendus qui filtrent la lumière, par des fragments de textes franciscains gravés sur la pierre, le papier, le bois et la céramique. Le son reste discret, presque imperceptible : une respiration, un souffle de vent, des cordes tendues et des battements feutrés qui s’entrelacent aux pas, jusqu’à une salle blanche et dépouillée, inondée de lumière, où tout se fait quiétude et où quelque chose, enfin, peut être écouté.
Née d’un concept italien et réalisée grâce à la collaboration d’ouvriers, de musiciens et d’artisans libanais, inspirée du minimalisme d’Assise et de La Verna comme de la peinture terrestre de Giotto, l’œuvre plonge ses racines dans le message de François sans se transformer en prédication. Spirituelle et non confessionnelle, elle parle à toutes les communautés religieuses et à ceux qui, en dehors de toute foi, cherchent dans le silence une voie de sens. Car François, homme de la rencontre et de l’humilité, a su converser avec des mondes différents, en les traversant désarmé : et dans un pays où même la matière est restée blessée, ce geste artistique maintient l’espérance vivante, montrant la beauté cachée dans l’imparfait, dans la fissure, dans la poussière, là où l’œil s’arrête, mais où le regard du cœur continue de voir.
Conception et direction artistique
Angelo Gioè
Commissariat de l’exposition / Développement de l’espace
Soula Saad
Gestion du projet et coordination de la production
Dana Michael